Par Claire Durocher

Mon métier et mon art : c’est vivre. La sagesse consiste à habiter joyeusement le monde, a écrit Michel de Montaigne

Sur le bord de la rivière, tout est en effervescence. Combien j’aimerais être une goutte d’eau et voyager avec le courant. Pouvez-vous imaginer tout ce que je verrais durant cette descente vers le fleuve ?

Plante sur le roc sur le bord d'une rivière

Que dire de cette fleur se reposant sur le lit de la rivière. Je me dis que si j’arrive à respirer au même rythme que cette fleur, je vais réapprendre à ressentir le vent, l’odeur, la joie, la liberté.

une femme boit une café sur le bord de la rivière

Ouf, c’est étourdissant cette joie d’exister. Je reprends mon souffle. Je m’assois pour entendre les flots en savourant mon café. Plantagenet*, ce paisible hameau de campagne, m’envahit d’une douceur intime. Discrètement, sans un mot, je me couvre de l’instant présent comme d’un châle en cachemire.

Des fleurs sauvages devant un champ de foin avec une lisière d'arbres à l'arrière

L’instant d’après, je m’attarde près d’un champ. Le ciel est d’un bleu pur. Au loin, les arbres se prennent pour la ligne d’horizon. Je suis là, complètement absorbée par ces grands espaces de végétation sauvage et cultivée. Ces fleurs me taquinent, elles picotent mes émotions. J’ai l’impression que les Van Gogh, Monet et Klimt me font don de leur présence.

une petite plante dans le creux d'une souche

Les couleurs des prés me surprennent à chaque nouvelle saison. Elles sont vivantes et s’harmonisent aux bruits de l’été. Elles ravivent l’automne qui s’amène mélancoliquement avec ses airs de froidure et de noirceur. Puis, elles s’endorment en silence sous la neige.

Même la nature vit son instant présent. Rigoler, roucouler, vivre et s’endormir. La nature m’a tout appris.

Parfois, elle se fait espiègle quand, dans le creux d’une souche, elle abrite une fleur frêle. Est-ce juste moi ou cela ressemble à un fœtus protégeant cette petite plante ?

un épi de maïs dans un champ

Mes rêves sont des chemins qui m’amènent partout. Je vois, j’observe, j’apprécie. Quel grand luxe que celui d’apprécier son existence et d’en reconnaître sa beauté. Je suis d’énergie, je bouge, je lis un poème, je pleure, j’écris. Et lorsque sous mes yeux, je vois la longue chevelure de cet épi de blé d’Inde faire la sieste sur sa feuille, je fais de même. Je me repose, je dessine, j’écoute.

J’ai tout mon temps, mais la vie est courte. Je veux exister dans la force de ma joie d’exister, peu importe les aléas de mon existence. Je ne veux rien manquer. Tous les jours, il y a tant à contempler, à faire, à aimer. Comme Sabine Sicaud, je me dis «Demain comme je t’aime».

* Le roi Richard coeur de lion est lié à la localité étant un descendant des Plantagenêt. Au XIXe siècle, la toponymie canadienne nommait les municipalités en référence à l’histoire européenne et britannique. La localité de Plantagenet tient donc son nom des monarques Plantagenêt, une dynastie qui a des origines françaises et anglaises.

Plantagenêt est le surnom donné à l’héritier Geoffroy parce qu’il portait un genêt (plante à fleurs jaunes) à sa boutonnière. Puis, le surnom a été donné à toute la dynastie. Si Richard 1e dit coeur de lion a bonne réputation, le dernier héritier est reconnu comme un tyran. Même Shakespeare en fait un personnage machiavélique dans sa pièce La tragédie de Richard III.

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2 Comments

  • Louise dit :

    C’est tellement beau ce que tu as écris Claire. Tes mots révèlent ta sensibilité et ton amour de vivre.
    Merci pour l’histoire de Plantagenet et de Richard cœur de lion, très intéressant.

    • Claire Durocher dit :

      Merci de votre commentaire. Les choses les plus simples finissent par une belle histoire. Elles font partie d’un vaste univers.

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