Par Claire Durocher

Lorsque les enfants quittent la maison familiale, c’est un vide parental assuré. Rien ne sera plus jamais pareil.

Écriteau : Love where you live
les bottines dans le cadre de porte

les espadrilles déjà partis

je m’arrête un instant près du mélèze

témoin de notre histoire

 

hier encore, on était tous là

à attendre les saisons

à s’émerveiller devant la même fleur

qui revenait chaque année

Photo d'une fleur
hier encore

comme le berger et son troupeau paisible sur la montagne

la famille vibrait à la fanfare des coeurs

on s’était habitué à la respiration de l’autre

 

ce matin comme un été trop court, les enfants sont partis

ce midi, leur demain les appelle

ce soir un autre membre de la famille s’en ira aussi

c’est la fin d’une époque

Des moutons sur le flan d'une montagne
c’est la mort d’une journée comme à toutes les 24 heures

la journée meure pour qu’une nouvelle arrive

il en est de même pour la maison familiale

elle revivra avec de nouveaux souvenirs se mêlant aux anciens

 

nous avons tissé nos joies et nos peines

d’une broderie d’épinettes et de lilas

les enfants sont maintenant ailleurs à faire l’histoire

dans une constellation de réussites, d’espoir et de plénitude

Une image d'une constellation
bientôt mes bottines marcheront sur les trottoirs

de mon nouveau chez moi

Je verrai l’éclaircie de soleil à travers le brouillard

et je m’adapterai à la naissance d’une ère nouvelle

 

le moment de mélancolie passé

j’entendrai à nouveau les hymnes à la joie

Beethoven a mis son hymne à la joie en musique

je mettrai le mien en sourire réconfortant pour ceux qui en ont besoin

une femme devant des élèves qui rient
l’odeur fraîche de cette nouvelle ère m’étourdit

mais elle est remplie de confiance et d’amitiés

lentement le vent ramènera des odeurs suaves d’antan

et, un jour, tous réunis, on se racontera …

un couple âgé contemple des montagnes

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8 Comments

  • Lynn Lafrance dit :

    Quelles belles paroles qui représentent la vie avec nos souvenirs!

    • Claire Durocher dit :

      Merci de votre commentaire. On se rejoint, on partage le même sentiment face à notre vie en famille.

  • Louise dit :

    Ce beau texte me donne à réfléchir, »La journée meure pour qu’ une nouvelle arrive. » La vie, elle aussi meure pour qu’une nouvelle arrive et tout recommence.

    • Claire Durocher dit :

      Une fin représente une renaissance, une continuité avec notre nouveau bagage d’expérience et de savoir. Même si parfois nous avons le sentiment que c’est une perte, il est préférable de le voir comme un changement naturel. Merci de votre commentaire.

  • Colette dit :

    les souvenirs ne s’oublient pas, mais malheureusement on ne peut les revivre tels qu’ils nous sont apparus, ……..

    • Claire Durocher dit :

      C’est pour ça qu’il y a la maxime : on n’a pas une deuxième chance de faire une bonne première impression. La vie se vit qu’une fois, elle est en mouvement de façon naturelle. Merci de votre commentaire.

  • Diane Dates dit :

    Très beau texte qui illustre la continuité de la vie avec toutes les expériences, les rencontres, les connections qui deviennent nos souvenirs. Je me souviens avec beaucoup de gratitude. Merci Claire de tous ces mots si habilement mis ensemble.

    • Claire Durocher dit :

      Merci beaucoup pour votre commentaire. J’aime bien votre mot Gratitude. C’est approprié pour rendre hommage à tous nos souvenirs conservés dans notre mémoire.

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