Par Claire Durocher
Je marche depuis des heures à travers le brouillard du matin. J’entre dans un village du Nord du Viêt Nam qui se réveille à peine. L’air s’évapore doucement comme si quelque chose d’inattendu se préparait.
Tout à coup, un son retentit. J’avance d’un pas vacillant vers ce bruit inusité. Je suis bouche-bée. Le bruit vient d’une usine de bois d’oeuvre à l’extérieur. Et oui, sans tambour ni trompette, cette usine de transformation du bois est des plus fonctionnelles.
Les ouvriers vaquent à leurs tâches avec un calme déconcertant, comme si les soucis étaient disparus. Ils préparent le bois pour en faire des panneaux de contreplaqué. Il y a si longtemps que l’entreprise a pignon sur rue qu’elle est devenue invisible, personne ne la remarque. Jour après jour, le bois est débité et déposé partout sur le sol pour être séché au soleil. Dans certains villages, les citoyens, moyennant rémunération, font sécher le bois sur leur propriété. La rigueur est de mise afin que les planches sèchent également sur les deux faces. Il faut savoir quand les retourner.
Je vous invite à découvrir cette usine atypique.
J’ai l’impression d’être dans un récit d’époque et pourtant il n’y a rien de plus réel. Ces villageois ne font qu’un avec le vent et le soleil. J’écoute la scierie raconter l’histoire de ces travailleurs ayant établi leur demeure dans le Nord du Viêt Nam. Cette région a réussi à effacer les vestiges des deux dernières guerres, celle de l’Indochine et celle des États-Unis. Une telle paix semble inhabituelle, comme un arôme indéfini après tant de bombardements. J’en ai des frissons, et en même temps, un bonheur tranquille coule dans mes veines.
En fait, après la dernière guerre, le gouvernement a investi dans les infrastructures de transport pour aider les populations à exploiter les terres rurales et la gestion durable des forêts. Le Viêt Nam a quelque 4 500 entreprises de transformation de bois dans le secteur de l’exportation. Parmi celles-ci, 93 % sont de petites ou très petites entreprises. Le bois est, le plus souvent, issu de plantations en raison des lois strictes sur l’exploitation forestière.
Un jour, j’ai traversé ce village du Nord du Viêt Nam. Je me suis laissée porter par la cadence de son quotidien. Les enfants arboraient leurs sourires d’écoliers, tandis que moi, j’avançais avec mon regard étonné de voyageuse.
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Incroyable ce que ces gens peuvent accomplir avec si peu d’outils modernes! Je suis certaine qu’il sont heureux malgré tout!
beau texte …bien .faire avec si peu……