Par Claire Durocher
La voiture avance lentement sur la route sinueuse. L’air se fait de plus en plus rare à mesure que nous grimpons vers le sommet de la montagne. Tout à coup, c’est comme un fragment d’infini, le temps disparait. Une bergère amène ses moutons sur le petit chemin de terre à travers le village.
Pendant que je rêvasse et me demande si c’est réel, les habitants conquièrent rapidement mon coeur. Je suis accueillie comme dans les émissions de Frédéric Lopez, Rendez-vous en terre inconnue. Les ados font vibrer leurs instruments de musique et les enfants dansent. Déjà leur musique chambarde mes intérieurs.
Je suis au coeur du Cañar dans les Andes méridionales équatoriennes. Je suis entourée de ravins escarpés et d’espaces verts pour nourrir les moutons. Les Cañari, peuple autochtone de l’Équateur, se laissent découvrir dans toute la splendeur de leur culture millénaire. Ils ont résisté aux conquêtes des Incas et à la colonisation espagnole. Ils ont maintenant droit à leur pleine citoyenneté.
Comment raconter ce moment sur le versant des Andes ?
Je m’adapte
Je souris
Je pare les haricots
Je suis l’étranger
et pourtant je me sens chez moi.
La préparation du repas va bon train. La maisonnée est en effervescence. Aujourd’hui, c’est jour de fête, la parenté arrive pour le grand festin du midi.
L’harmonie de la nature et la convivialité de la tablée me marquent à jamais. La journée est pure. Mon regard court sur l’horizon garni d’un ciel azur. La sincérité est à son comble dans ce moment de partage de valeurs… des vêtements jusqu’aux traditions culinaires.
Plus encore, la famille m’explique leurs pratiques de guérison. Tout est si parfait. Je regarde la vie je la trouve belle. Oui, elle est belle la vie lorsqu’on la laisse être ce qu’elle est.
J’ai vu plusieurs villages dans ma vie. Je ne peux pas m’empêcher de tomber en amour avec ces endroits, ces gens, ces cultures, ces rites. La région du Cañar ne fait pas exception. Je ne veux pas quitter les Cañari qui m’ont accueillie si chaleureusement. Je veux me faire adopter par ce peuple, respirer les montagnes, manger les haricots, boire le nectar.
Sur le bord du précipice, j’entends le souffle de la végétation.
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