Par Claire Durocher
Cette comptine de mon enfance est un plaisir pur de la cour de récréation. Toutes les camarades chantent pendant que je saute à la corde. Chaque fois que la corde claque sur le bitume, c’est le saut si parfait que même le nuage au-dessus de l’école saute avec moi dans une folle farandole.
Je retrouve ce sentiment d’enfance à Dubaï par cette joie de réussite dans une humilité à peine orgueilleuse. Un émerveillement aussi intense que réel.
Lors d’un tour de ville de nuit, une Philippine me fait rire. Elle explique avec cet amusement puérile, la plus grande tour … du monde, la plus grande mosquée … du quartier, la plus grande maison … de la rue. La mélodie des superlatifs !!!
Le lendemain, je cherche l’aube et vlam la plus grande tour … du monde se calligraphie dans ma vision. La Burj Khalifa m’attrape par ses 26 000 panneaux de verre taillés à la main. On dit que sa structure est inspirée par une plante du désert, la hymenocallis. Haute comme deux tours Eiffel et demie, son vitrage miroir repousse la chaleur parce qu’ici la tour est habitée. Oui oui, les gens vivent dans le ciel !
Le soir venu, des fleurs voltigent comme des papillons sur la tour en accord avec les fontaines dansantes. Et, je vois mon premier prince en robe blanche. C’est l’intégration globale.
Ce n’est pas tout, des lustres de la tour sont aussi longs que … la cage d’escalier, ou presque.
Au loin, dans le reflet de la crique, j’embarque à bord du plus gros bateau en bois … de la ville. Cet incomparable navire fend les flots du canal. Autrefois, ce type de navire était utilisé par les Arabes pour le commerce des perles et autres. Sur le bateau, une vue dépaysante s’offre à moi, celle de l’ancien port de Dubaï versus la gigantesque métropole qu’est devenue la ville.
Puis, je monte à bord du métro entièrement automatique le plus long … au monde (jusqu’en 2016). Je choisis la ligne des 52 km qui, encore aujourd’hui, reste la plus longue au monde sans conducteur. Plus rien ne m’étonne, le métro a été inauguré le 9 septembre 2009, à 9 heures, 9 minutes, 9 secondes.
Le métro m’amène directement à la plus grande destination … du monde pour le magasinage et les divertissements, le Dubai Mall. Son aquarium de 11 millions de litres d’eau et ses 33 000 poissons, son centre de ski et sa patinoire en font une icône mondiale. Je suis stupéfaite lorsque je vois une gigantesque vitrine de magasin avec les vagues en mouvement. On dirait que l’eau de la vitrine me donne un baiser sur la main.
Plus encore, je goûte le premier et le meilleur chocolat au lait de chamelle ….. au monde. Je ne peux pas me sentir plus au Moyen-Orient.
Je bois le meilleur café arabe … de ma vie. Un café aromatisé de cardamone avec un soupçon d’eau de rose. Il est gardé bien au chaud dans un dallah, la cafetière traditionnelle à long bec de la péninsule.
Je mange le meilleur taboulé … de ma vie. Ce n’est pas un mets de la tradition ancestrale des Émirats, mais le taboulé de la cafétéria locale est savoureux à souhait.
Je reçois le meilleur accueil hôtelier … de ma vie. Un dromadaire heureux, présage heureux !!!
Mon séjour me réserve une nouvelle surprise. L’autobus s’immobilise devant le complexe Atlantis, le plus gros parc … du Moyen-Orient. Pour moi, c’est l’euphorie. Je saute à nouveau dans mon enfance me rappelant la leçon d’histoire sur Platon, le célèbre philosophe grec. Platon a révélé l’histoire de l’Atlantide dans ses écrits. Ce récit légendaire inspire la littérature moderne et hante encore les chercheurs. Évidemment, légende oblige, Atlantis est construit sur l’eau, soit sur l’archipel artificiel en forme de palmier.
En passant par le corridor du Lost Chambers, l’aquarium du complexe Atlantis, ce n’est pas ses 250 espèces de poissons et de requins qui m’impressionnent. C’est la lumière naturelle et l’eau de mer qui font que des algues se développent. Je suis certaine d’être dans les fonds sous-marins.
Dubaï, là où j’apprends que le jeu n’est pas une activité futile. Au contraire, le jeu c’est du sérieux car lorsqu’on joue, on est en mode action et en mode créativité.
Les réalisations des humains, leurs idées,
leurs innovations, leurs rêves
sont le capital du futur.
Mohammed Bin Rashid Al Maktoun
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Quels merveilleux souvenirs Claire!
Merci de votre commentaire. Je me suis bien amusée avec leurs superlatifs.