Par Claire Durocher

Au temps où la mode est un pantalon à pattes d’éléphants avec des agencements de couleurs parfois douteuses. Au temps où le corduroy (velours côtelé) est le jet-set de la mode. L’improbabilité s’invite dans ma vie. Une tranche de vie inattendue qui repart discrètement comme elle est arrivée.

Au hasard du jour, je me retrouve à Masson, une petite localité avec son immense réservoir d’eau très haut dans les airs. C’est la première fois que j’en vois un, je suis bouche-bée. Juste à côté du réservoir, il y a de gros tas de résidus de bois pour la fabrication de la pâte à papier.

Photo ancienne tas de bois pour faire du papier

Un peu plus loin, dans un repli du village, un commerce est des plus populaires malgré son apparence défraîchie. On y trouve de tout, du matériel pour la maison aux agrès de pêche. J’avance lentement sur la route principale et, je vois un vieux bâtiment de planches de grange noircies au soleil. Il est immense. L’édifice semble emprunté d’un western du temps de la conquête de l’ouest en Amérique du Nord. L’homme à l’harmonica du film Il était une fois dans l’ouest s’y serait sûrement arrêté. Lucky Luke aussi aurait aimé cet endroit parce que Rantanplan se serait vautré sur la longue galerie de bois de la façade.

Je ne peux m’empêcher d’y entrer, c’est trop inusité. Une fois à l’intérieur, le propriétaire m’offre un emploi. Ma vie prend du gallon, je fais maintenant partie de la classe ouvrière.

Une rue dans les années 1900

C’est l’édifice à droite avec les grandes vitrines.

Le lendemain, j’arrive au boulot. Le commerce a de longs comptoirs remplis de bonbons. Tout est en chêne massif, même des armoires qui vont jusqu’au plafond. Je ne peux pas le croire, je suis devenue vendeuse de bonbons à une cent. On a même le spécial de trois boules noires pour une cent, quelle aubaine pour les gourmands.

J’ai le sentiment de faire partie du passé et du présent en même temps dans cet ancien édifice. Cette tranche de vie fait partie de mon histoire. Avec un peu d’imagination, je me dis que j’ai séjourné dans un film western le temps d’un automne.

Note : La photo d’ouverture a été prise lors d’une exposition à la Maison Antoine-Lacombe située Saint-Charles-Borromée. De mon souvenir, le sculpteur serait Michel Bisson.

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9 Comments

  • Suzanne Pagé dit :

    Que de beaux souvenirs! On croirait que tu viens d’écrire certains de mes souvenirs d’enfance: les pantalons à pattes d’éléphants, le corduroy, les 3 boules noires pour une cent, on avait même 2 caramels pour une cent au magasin Toupin du coin Tu me ramènes le bon vieux temps de mon enfance! Merci de ton partage ma belle Claire!

  • Line dit :

    J’aurais bien aimé aussi avoir la chance de travailler dans une telle boutique de bric-à-brac! En plus de pouvoir servir des bonbons auxquels j’aurais goûté avant bien sûr !!!

    • Claire Durocher dit :

      Bonne idée de goûter avant pour bien connaître nos produits, surtout pour ce plaisir divin de manger des bonbons durant notre enfance.

  • Marie dit :

    Tu as vraiment le don de rendre tout sujet confondu intéressant et divertissant. 🙂

    • Claire Durocher dit :

      Merci beaucoup. C’est le résultat d’apprivoiser notre histoire avec gratitude. Notre perception de la vie nous la fait voir dans ce qu’elle est ou pourrait être.

  • Colette dit :

    Un pan d’istoire intéressante, ……. à déguster

    • Claire Durocher dit :

      Les bonbons à une cent et le magasin général du village, c’est un pan de notre histoire comme vous le mentionnez. C’est parfois difficile à croire les changements sociaux que nous avons traversés et que nous traversons encore aujourd’hui.

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