“La neige, c’est de la lumière dont la terre est couverte,
Roger Mondoloni
des franges d’écume sur les rochers,
un vol de papillons blancs.”
Par Claire Durocher
Les saisons me transportent dans des arômes discrètes et pénétrantes. Je me laisse porter par ces plaisirs naturels au milieu des équinoxes et des solstices. Présentement, c’est l’hiver qui s’enroule autour de moi comme un drapeau saisonnal. Je suis un cocon de neige murmurant doucement mes comptines d’enfant.
L’hiver éveille mes souvenirs d’antan. Je revois le ruisseau des rêves. Là où tout est possible et imaginable. Le refuge, l’escapade, l’aventure de marcher sur les cailloux au fond du ruisseau sans remplir mes bottes d’eau. Le défi d’y faire traverser les vaches lorsque, encore gamine, je vais chercher les vaches au pâturage pour les ramener à l’étable pour la traite.
Ce ruisseau est mon rendez-vous du dimanche où je vais à la pêche. Un pont de bois sert de ponceau pour la route au-dessus du cours d’eau. Ainsi, assise sur le madrier d’appui du pont avec ma ligne à pêche artisanale, jamais je n’aurais voulu être ailleurs.
Parfois, j’aperçois des ménés passer dans le courant. Je suis folle de joie.
Le ruisseau légendaire de tant de vécu qui, aujourd’hui, n’est plus que le cours d’eau de drainage des terres agricoles.
Il y a du beau caché dans mes souvenirs, même de la tiédeur hivernale. Un jour, je rencontre un musher qui me partage sa passion pour les chiens de traîneaux. C’est loin d’être un sport d’hiver, pour lui, c’est un sentiment très profond de droiture envers ses chiens. Jamais je n’oublierai.
Le traîneau bien attelé, je lève le bras et c’est parti. Je ne sais plus si je suis dans une épreuve physique, émotionnelle ou dans un instant culturel des premiers habitants du Nord. Je me laisse guider et j’ai confiance à mon attelage. Je ne peux pas me concentrer à admirer les paysages spectaculaires de la forêt. Je suis en mode survie, j’ai le sentiment qu’il faut que je sauve ma peau. L’imprévu me guette sans relâche. Tout peut arriver, même un virage brutal vers la gauche et oups je ferais la culbute dans la neige épaisse de la forêt.
La vie est bonne pour moi. Les chiens me ramènent à bon port. Wow, j’ai tellement d’admiration pour ce respect mutuel entre le musher et ses fidèles compagnons.
Une personne m’a déjà demandé si j’avais expérimenté la paix des yeux. Je ne savais pas ce qu’elle voulait dire. Maintenant, je me dis qu’il s’agissait sûrement de l’hiver. Cette perspective blanche à perte de vue qui transforme la prairie en lande tranquille. Un vrai repos pour les yeux. C’est un moment de bonheur au coeur d’un soupir silencieux.
Tout compte fait, l’hiver ce sont les flocons de neige déposant un baiser sur mon visage.
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Tellement beau! Moi qui déteste l’hiver, tu me fais reconsidérer avec une telle création!
La vie nous habitue aux tumultes, l’hiver ramène une approche différente de notre quotidien. merci de votre commentaire.
l’hiver c’est tellement beau, … pureté du paysage, ….. voir tomber tout doucement la neige, ….. ou dans le brouillard d’une tempête de neige
voir nos pas dans la neige, …….. etc etc
sauf en ville avec le calcium
Merci pour ton texte tout en douceur ……..
Nous apprivoisons l’hiver de la même façon avec douceur et joie. Quand je voyageais sur les routes de glace, on s’amusait justement à entendre le craquement de la neige sous nos pas. Qui aurait pu croire que la neige émet un son qui déclenche un rire spontané. Merci beaucoup d’avoir partagé votre sentiment d’hiver.
merci à toi, pour ton écriture inspirante
Très beau texte Claire!
Merci!
Céline
Merci beaucoup de votre commentaire. Je suis contente que vous ayez partagé ma route d’hiver le temps d’un souvenir.