“Le sentiment d’avoir retrouvé foi en l’individu”
Arlo Guthrie
Par Claire Durocher
Mes racines paysannes influencent ma perception de l’être et de l’avoir. Durant mon enfance, le matériel est minime et je suis responsable des êtres vivants.
Si je ne prends pas soin des animaux, ils meurent.
Si je cultive la terre à outrance, elle s’épuise.
Si je ne laisse pas les vers de terre faire leur travail, la planète meurt. Les vers de terre étant des artisans essentiels du processus végétal.
Si je n’aide pas mon voisin, la besogne de cultivateur est plus avilissante. C’est l’époque où un fermier achète un équipement différent de son voisin pour partager la charge financière et le travail.
Au début des années 60, lorsqu‘un incendie détruit l’étable familial, les villageois viennent la rebâtir gratuitement. Encore gamine, j’assimile déjà ce qu’est l’humanité dans toute sa noblesse.
Dix ans plus tard, je réalise que je ne suis pas seule dans ma sollicitude envers mon prochain. Je constate que la société appelle les personnes comme moi : hippie. Ainsi donc, je suis une hippie. Le mot viendrait d’un mot africain signifiant ouvrir ses yeux.
Les hippies croient en la bonté de l’humanité et conçoivent une vie sans destruction. Les mots violence, tromperie, capitalisme ne font pas partie de leurs aspirations. Leur force est de ne pas aspirer à prendre le pouvoir politico-économique, mais plutôt de vivre leurs croyances philanthropiques. Il est donc difficile, voire impossible, pour les dirigeants de mettre fin à cette nouvelle approche sociétaire. Comment emprisonner une croyance? Une âme ça ne se vole pas.
Les hippies propagent la paix durable pour l’humain et la planète. Il refuse la société de consommation à outrance qui fait tant de ravage sur la planète avec ses usines de transformation polluantes et ses pesticides dans les champs pour augmenter la productivité. Ils croient que cette dynamique sociale crée des classes sociales menant à des troubles sociétaux.
En plus, la littérature et le cinéma présentent des divertissements contenant des actes de violence inacceptables. Ceci mène au fameux slogan Faites l’amour, non la guerre. Les hippies portent les cheveux longs en partie pour dénoncer la guerre du Viêt Nam où les soldats ont le crâne rasé. La société établit même des règles sur les guerres dans le sens de comment il est permis de tuer, de massacrer des personnes, des économies, des pays. Face à cette triste page de l’humanité, les hippies laissent leur côté discret et commencent à se regrouper publiquement. Ils protestent par des lettres et des pétitions. Ils organisent des manifestations silencieuses, des sit-in. Certains refusent d’aller à la guerre et de payer leurs impôts vu que l’argent sert à fabriquer des armes plutôt que de mettre en place des programmes sociaux. Leur nombre est si grand à travers le monde qu’il commence à inquiéter l’establishment.
Les hippies se tournent vers la nature au point que ceux qui ne comprennent pas les surnomment granolas, en les voyant semer les graines une à une pour leur nourriture. Ceci ouvre la discussion sur l’impact de prioriser l’économie au détriment de la santé et du bien-être des individus. Les planteurs de graines avaient peut‑être un bon point ! L’agriculture biologique s’approprie des lettres de noblesse. Le mieux-être de l’individu et de son environnement est une harmonie indissociable.
La paix des fleurs des hippies réside dans la non-violence et dans leur capacité de vivre la simplicité volontaire. Leurs ramifications à travers le monde leur confèrent une puissance insoupçonnée. Ils sont si nombreux et partout dans la sphère sociale. La force du nombre est-elle une utopie? Est-ce que les paroles de Laure Waridel, Acheter c’est voter, sont encore actuelles ?
Ceci est le premier de deux articles sur mon époque hippie et son influence.
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on est tous un peu hippie dans l’âme, et parfois sans le vouloir, dans le bon sens quoi
Si hippie veut dire donner une dimension humaine à la vie, on a du hippie en nous.
Ce n’est pas ce que je pensais être la définition d’un hippie, c’est impressionnant! Merci de l’expliquer avec de si belles paroles!
J’ai vécu cette période des années 70 en étant entourée de chemises à fleurs et de paroles de paix.