Par Claire Durocher

Encore dans un printemps chétif, je songe à l’alternance des saisons sur mon pays. Il est blanchi par l’hiver, empourpré par l’automne et verdi par l’été. Ces couleurs de la nature inspirent les tisserands de la soie. La texture et les couleurs de la soie lui donnent ses lettres de noblesse. D’ailleurs, une ancienne route commerciale est rapidement nommée la Route de la soie.

Contrairement à la soie sauvage produite par certaines chenilles d’Extrême-Orient, la soie naturelle est produite par la chenille du Bombyx du mûrier. C’est une production d’élevage nommée sériciculture.

récipient avec chenilles et feuilles sous une lumière

La chenille du ver à soie mange la feuille du mûrier que le tisseur à hacher au préalable. À cette étape, la larve est comme un petit bébé, donc les feuilles hachées facilitent sa nutrition. Les feuilles de mûrier sont riches en protéines. Le lieu d’élevage est un endroit frais, sans odeur désagréable, muni de moustiquaires et stérilisé. Le contrôle de l’humidité et de l’éclairage est aussi un facteur important.

Plusieurs plateaux superposés de vers à soie et feuilles

Rendue à maturité, la chenille attache son cocon sur un support et commence à le filer. Pour former son cocon, elle régurgite un à deux kilomètres de fil en quatre jours. Un ver à soie produit un fil d’une longueur de 800 à 1200 mètres.

Un support avec des minis carrés où les vers à soie s'accrochent

L’élevage terminé, l’étape du dévidage commence. Le tisserand transfère le fil sur un fuseau spécialisé. Comme chaque fil est trop fin pour être utilisé tel quel, les fils de plusieurs cocons sont réunis selon la grosseur désirée. Les fils de soie se soudent entre eux, ce qui leur donne plus de solidité et définit la qualité de la soie. Plus les fils sont tressés ensemble, plus l’étoffe sera souple.

Il faut 8 à 10 kilos de cocons pour obtenir un kilo se soie. De 500 à 2000 cocons sont nécessaires pour un mètre de tissu de soie.

Un seau rempli de cocons

Les fils de soie sont teints, souvent avec de la teinture naturelle à base de plantes, de fleurs ou de racines. Le tissu est repassé pour qu’il devienne brillant, doux et lisse. Les tisserands s’inspirent des traditions locales pour créer les motifs du tissu.

Depuis cette rencontre avec des tisserandes, je connais mieux leur savoir-faire pour fabriquer la soie. Ceci donne une dimension humaine à mon foulard chatoyant.

Une tisserande au travail

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4 Comments

  • Suzanne Pagé dit :

    Mon Dieu, c’est tellement intéressant! C’est un domaine auquel je n’ai jamais pensé! Merci de ton partage Claire!

  • Colette dit :

    la soie est tellement belle, et les couleurs qu’on diraient magiques…………… beaucoup de travail pour en arriver là

    • Claire Durocher dit :

      Les tisserands qui créent les tissus de soie font un travail fantastique. Patience, habileté et créativité.

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