“À partir de 70 ans, l’examen de conscience remplace avantageusement le jogging. On s’essouffle moins à courir après sa vérité que derrière sa jeunesse.”
Philippe Bouvard
Par Claire Durocher
Il y a les peut-être, les un jour, les plus tard. Les saisons nous rappellent l’éphémère de la vie. Profiter des fleurs au bon moment. Admirer le verglas scintillant sur la clôture de bois à l’aube. Certaines choses sont temporelles, elles disparaissent sans laisser de trace sauf dans nos souvenirs.
Je définis les peut-être. Je fixe les un jour. Je me lance, j’ose, me voilà! Je m’éloigne de mon côté intellectuel. J’ouvre la porte à l’inattendu. Mon intrépidité se ravive.
Je vous invite dans six moments forts de ma vie. Il suffisait de dire oui à l’opportunité.
Paradisiaque : le Sri Lanka
“De toutes les écoles que j’ai fréquenté,
Anatole France
l’école buissonnière m’a semblé la meilleure”
Je me mets en route, je fais bouger ma pensée. Je saute dans l’improbable. Moi si docile, je déroge de ma routine. Je suis dans un flottement d’action inhabituel, si loin de ma raison. J’oublie toutes attentes intérieures et sociales. Je suis la rebelle du jeep. La bise d’air salin de l’océan Indien me fait du bien. Magic happens in Sri Lanka. Le temps est parfait pour me réconcilier avec la gaieté.
Convivial : l’heure du thé
“Il n’y a pas beaucoup d’heures dans la vie plus agréables
Henry James
que l’heure dédiée à la cérémonie nommée le thé de l’après-midi”
Sur ma liste de souhaits, il y a la cérémonie du thé à la manière britannique. Le Bistro Aux lubies de Lachute m’offre cette opportunité.
La vaisselle de porcelaine et le traditionnel plateau de gâteries illuminent la table. Niché au bas du plateau, le célèbre sandwich aux concombres. Il y a très longtemps, les Anglais décident d’insérer des tranches minces de concombre entre deux tranches de pain. Ils ne se doutaient pas que cette collation rafraîchissante deviendrait populaire. La légende raconte que de tels sandwichs ont été servis aux invités lors du Jubilé d’or de la Reine Victoria en 1887.
La septième duchesse de Bedford, Anna Russel, ne se doute pas elle non plus, qu’elle serait l’instigatrice de la célèbre heure du thé. Dans les années 1840, elle demande un goûter à 16 h pour calmer sa faim en attendant le repas de 20 h. Des amies se joignent à elle, et voilà l’heure du thé.
Cette tradition de l’époque victorienne se répand à travers le monde. C’est un moment privilégié pour bavarder entre amis. Merci à mes amies d’avoir partager ce moment précieux avec moi.
L’insondable : l’hélicoptère
“Il faut cacher la profondeur.
Hugo von Hoffannsthal
Où ça?
À la surface.”
Regarder la profondeur de l’eau, de l’horizon, des prés. Évaluer les choses d’un point de vue inhabituel.
Un jour, un hélicoptère atterrit à côté de moi. Tout de suite l’action m’appelle. Je suis complètement éveillée par cette opportunité fortuite : aller voir la profondeur du ciel. Sentir son odeur, ses nuages, comme une marche à pied sur une route de campagne. Pas d’obstacles, de murs, de déjà-vu, je regarde et je vois différemment. L’action exalte mon intérieur. Je suis de la nuance des bleutés du ciel. Je suis un acteur pro-actif de cette virée vertigineuse.
Impénétrable : la Patagonie
“L’Européen accoutumé à toutes ces lourdes vapeurs qui flottent sur nos cités, éprouve-t-il, … une véritable surprise, une joie profonde à constater le libre jeu de ses poumons … Cet acte si inconscient, si simple de la respiration lui cause une indicible volupté et éveille en lui tout un monde de sensations nouvelles, toute une floraison d’espérances … qui plongent son esprit dans une quiétude.”
Adrien Mellion
De jour comme de nuit, combien il est difficile de percer les secrets de la Patagonie. Les cheptels sauvages comme les troupeaux domestiques sont des fascinations fondues dans les beautés du bout du monde. Comme si la Patagonie me prend au piège. À mon insu, je tombe sous le charme de ses attraits. Tout est si vaste. Je ne sais plus si je frémis à ce spectacle imaginaire de mon enfance ou si c’est le paysage qui murmure le vent que seul la Terre de feu est témoin. Probablement un frisson commun.
Limpide comme le cristal : le cercle polaire
“Tout semble impossible à ceux qui n’ont jamais essayé”
Jean-Louis Étienne, le premier homme à atteindre le pôle nord en solitaire en tirant son traîneau pendant 63 jours. Il se dirige grâce au soleil.
Le 71e parallèle, là où le soleil est visible toute la journée durant l’été. Si haut sur la surface du globe, je conduis mon corps où mon rêve s’est posé. Je tends l’oreille. J’écoute les glaces flotter au coeur de ce paysage brut. Le passage du temps donne à cet endroit des airs de raffinement extrême. J’ai l’impression d’entrer dans un palais … le palais de la Terre. Un luxe de pureté, un triomphe de la perfection.
L’ultime : vaincre l’Himalaya
“Il y a plus de courage que de talents dans une réussite.”
Auteur anonyme
Mes souliers foulent le sol d’un village au pied de l’Himalaya. L’air est rempli de rires. Des amitiés naissent autour d’une table garnie de plats succulents. La tranquillité est parfaite sur le chemin de l’école avec les étudiants. La quiétude revêt son couvre-chef de plaisir au marché de légumes.
Un jour, on part pour notre marche journalière. Sans le savoir, on se retrouve sur une piste en montagne. Une promenade qui deviendra un moment historique de notre vie. Accompagnés de jeunes de la communauté, nous marchons le souffle court. Puis, la montagne rapetisse. Nous sommes au sommet. Des chevaux sauvages goûtent les herbes de ce haut lieu mythique.
Friedrich Nietzsche décrit bien la montagne : Tu es la profondeur de tous les sommets.
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merci de nous partager toutes ces belles émotions, un très beau voyage au fil du temps qui passe
Malgré le temps qui passe, notre vécu continue de nous nourrir.
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