Il y a des matins où le soleil est radieux. Il y a des journées où la lavande embaume l’air. Les enfants jouent au jardin. Les familles font un pique-nique au parc.

Des enfants jouent à l'extérieur

Il y a aussi les autres fois … des espaces de temps plus sombres. La fois où j’accepte un petit boulot pour payer mes études. La fois où je dois habiter dans un logement incertain. Un espace de temps marquant la fin des années chouchoutées de mon enfance au début de ma vie d’adulte. Bref, mon immigration dans le monde adulte. Voici cet instant ineffaçable de transition, ce Ten minutes on Richmond Road.

Un ciel avec des nuages noirs au-dessus de l'océan

Toujours aux aguets, toujours les ombres suspectes
Toujours les aboiements du chien dans la cour
La cour du roi m’est offerte chaque soir
pleine de perles et de brillantes couleurs
Le savon embaume ma chambre d’une odeur suave
mais les murs puent, le plancher me donne mal au coeur
Les ombres passent et repassent
autour de la faible lumière dont je suis l’hôte
Mais que sont ces ombrages ? Des oiseaux ou des coquerelles ?

Pour la première fois, les arbres goûtent le goudron
Le ciel éjacule de longues traînées d’huile
Les maisons se grattent dans le coin des murs
La poussière s’élève comme une reine
Comment reconnaître un rat à travers cette poussière ?

O digne comte de Monte Cristo
Toi qui as vécu de vermines et de froid dans ton cachot
Toi à qui on a souillé le corps et l’esprit à jamais
Ne t’en vas pas déjà, 500 pages c’est bien trop court
Reste, reste un peu avec moi ce soir
Transporte-moi dans tes pensées,
Jette-moi dans ta pâte de haschich
Enivre-moi de ton mysticisme,
Lave mes yeux avec ta tête de Turc pleine de douceur

On n’oublie pas la puanteur des dépotoirs
On se console vite quand un Comte nous montre le plus beau,
le plus épais, le plus touffu sous-bois de l’univers
… même si mon univers se termine au bout de mon lit
alors qu’une PUNAISE IMMENSE me regarde dans le yeux

Tant de taudis, tant de boucane
qui me ronge le coeur de campagnarde choyée
Tant de boucane qui m’engourdit et me brûle les narines
Les bas-fonds de New York, les trous noirs d’Ottawa
Tout pue, tout me fait peur

Le comble est de trouver une punaise dans une note de mon harmonica !

Et ce soir,
j’ai pendu mon bel uniforme blanc d’hôtesse
contre le miroir noir de petits êtres …
Foire ou collection de petits êtres
Je me sens une opportuniste
à savoir si c’est moi ou si ce sont eux qui sont de trop
Je crois bien que c’est moi
Mon abdication a un goût amer
mais ce n’est que partie remise

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2 Comments

  • Colette Bellefleur dit :

    Est-ce écrit au figuré ou au réel, ….Un peu de misère à suivre, la ligne de tes idées. Prends soin de toi belle âme….

    • Claire Durocher dit :

      Et oui c’est le réel. Mon départ de la campagne à la ville a été tumultueux. Par chance, quand mon cousin est venu me visiter, il a demandé à son ancienne propriétaire de me prendre chez elle. Une charmante dame qui m’a accueillie dans sa coquette demeure jusqu’à ce que je puisse repartir du bon pied.

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