“Je viens de découvrir le Monde.
Je viens de trouver mon futur,
ma place dans ce futur de l'humanité.”
Par Claire Durocher
En 1967, l’Exposition universelle de Montréal apporte un grand changement dans ma vie. Son thème, Terre des hommes, emprunté à l’oeuvre de Saint-Exupéry, dévoile l’humanité avec ses coutumes, ses rites, ses écoles de pensée, bref, les habitants de la Terre.
Le logo de l’événement montre des individus en tandem faisant amicalement la ronde autour de globe. Pour la première fois, je sais qu’il y a quelque chose de plus grand que moi, de plus grand que mon imagination, de plus grand que mes aspirations.
L’humanité apparaît telle une vision sur une île qui émerge du fleuve Saint‑Laurent. Malgré l’incohérence de ce rêve festif avec la réalité des guerres dont celle du Viêt Nam, l’Expo 67 apporte de l’information et l’occasion de côtoyer différents peuples. Les organisateurs décrivent l’événement comme le récit des espoirs, des craintes, des aspirations, des buts et des transformations de l’Homme par la nature, l’histoire, la technologie et par ses pairs.
Voici l’occasion d’élargir mes connaissances sans limitation, sans préjugé. Voilà l’opportunité d’adapter mes actions à la technologie, à la science, aux nouveaux modes de vie, bref à la diversité. Chacun, selon ses coutumes, colore l’humanité. Chaque personne fait partie de la transformation du monde.
Quelle aubaine! L’Exposition universelle de Montréal m’offre un voyage virtuel au coeur des peuples et des changements planétaires. Une vision kaléidoscopique des réalités d’hier à aujourd’hui. Il y eut un temps où l’Humain dessinait des objets sur les pierres des cavernes pour informer les nomades du type de nourriture dans les environs. Un genre de guide touristique efficace et sans distinction de langue.
C’est l’époque aussi, où l’Humain découvre les couleurs, entre autres dans la pigmentation des plantes. On s’en fait des dessins sur le visage et sur le corps. On découvre que certains ont plus de talent que d’autres, alors ils sont demandés pour faire les maquillages. C’est l’origine de la reconnaissance des artistes.
Les personnes ayant des habiletés manuelles sont vite mises à l’action pour inventer et fabriquer des poteries nécessaires à la vie de tous les jours. D’autres préfèrent mettre en valeur les succès des empereurs, des athlètes. Bref, pour eux, anoblir l’élite surpasse l’utilité.
Cette effervescence dans l’histoire de l’humanité est notre legs de couleurs, de formes, de pensées. Chaque communauté se dessine autour de cet art qui révèle ce que nous sommes.
Les pavillons de l’Expo 67 montrent l’Humain dans son environnement. C’est faire le tour du monde chez soi, goûter la gastronomie internationale, rencontrer des personnes différentes. Mon premier voyage autour du monde! Expo 67 change le monde.
Le génie créateur de l’Humain et son cheminement dans les différentes sphères sont parfois constructifs, parfois ravageurs. Les édificateurs vacillent entre le bien-être et la désolation pour l’avenir de la planète. Parfois, l’Humain prend conscience de son environnement. Faut-il seulement mentionner la mer et son impact sur notre vie ? Elle est une source de nourriture, un apport pour tempérer le climat et un moyen de communication (voie de navigation).
Par ailleurs, au fil des siècles, l’Humain devient chasseur, cultivateur et produit maintenant ses aliments en usine. Il commence même à manger de la nourriture synthétique … Ceci l’oblige à devenir urbain et à devoir user de stratégies novatrices pour vivre en groupe.
L’Expo 67 montre des designs architecturaux, des sculptures inimaginables.
“Les chants primaires deviennent des odes avec les instruments de musique perfectionnés.
Auteur inconnu
Les écrits, les contes des troubadours deviennent poésie et littérature.”
Depuis l’Exposition universelle de 1967, le monde est mon terrain de jeux, de découvertes et d’apprentissage. Les barrières physiques tombent, les frontières s’élargissent. Je comprends la limitation des cultures et les bienfaits du multiculturalisme. Une sorte de mondialisation aux possibilités de faire partie de l’humanité entière.
Avant 1967, je lis avec ma compréhension restreinte qui est rattachée à des expériences encadrées et mises en boîte. Aujourd’hui, je comprends avec les couleurs des habits traditionnels des cultures. J‘interprète à même les rites de différents peuples. Je sens l’obscurité qui s’éclaire à même les nouvelles expériences vécues en côtoyant les individus du monde.
Les paramètres s’élargissent, il y a tant à faire, à embellir, à s’engager. Je sais que l’Autorité dicte ses lois, mais qu’elle est une partie d’un très grand ensemble et que je peux faire autrement si je crois que je fais le bien.
Les années passent, les festivals de musique Underground, les emplois d’étudiants. Tout un statut que celui d’étudiant. Je suis la force, l’audace, le chouchou parmi les classes sociales comme si l’imaginaire collectif repose sur la créativité de cette nouvelle génération prometteuse.
Avant de tenir la société entre ses mains, chaque jeune trouve sa place, son rôle. Je choisis de suivre la voie ouverte par les hippies. Je me dois d’aller voir à la source, d’aller rencontrer, d’aller accoster au port lointain, d’aller lier connaissance avec autrui, d’aller percuter autre chose, d’aller contempler les diversités, d’être fidèle et d’accomplir mon moi en harmonie avec les valeurs qui deviennent miennes jour après jour. Je me mets des balises souvent juste pour être fidèle à moi-même, parfois pour être en synergie avec mon environnement.
À cette époque, ma liberté est surtout de ne pas me restreindre moi-même. Aujourd’hui, je réalise que malgré toutes les lois qui mettent des freins à ma liberté, celles que je m’impose sont plus dommageables.
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Avoir l’humilité de se questionner. N’est-ce pas la base de la sagesse?
Souvent des personnes ou des événements sont des déclencheurs pour se questionner. Savoir reconnaître ces moments de prédilection ne peut qu’apporter un sens à notre cheminement d’Humain.