Par Claire Durocher
“Toi rencontré dans la brume
telle une lumière insaisissable.Toi émergé de la terre lointaine
qui as appris à aimer jour après jour
qu'on a appris à vivre jour après nuitToi mon petit fil de gentillesse, d'encouragement
qui ravives nos fous rires
qui me faisais voir que tout est possibleToi qui transformais les querelles des vivants en humour
la vie n’avait pas de lourdeur
les doutes étaient prétextes aux philosophies réinventéesToi seul dans la solitude de la mer
livré aux mouvements de ses eaux calmes et effrénées
toi que j’aime tantJe reste longtemps sur le quai
le bord de l’eau ranime nos glissades en traîneau sur la colline
et chaque lever du jour où tu buvais ton café noir ébèneMon rêve s’évapore
le temps est si éphémère
le bonheur puéril n’est que seul réconfortTes dix ans d’exil ont assombri ma vision
je ne sais plus si je suis là ou sur la mer avec toi
je ne trouve plus les amarresJe voudrais à nouveau te voir réapparaître de la mer
courir avec toi sur les rochers
et fouler le sable mou des plages désertesJe veux rester au bout du quai
l’eau attendrit ma tristesse
le vent me raconte tes motsSi Jonathan Livingstone le goéland m'était conté
j'imaginerais cette amitié harmonieuse entre nous
toi mon frère”
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