Dans mon défi d’écriture, pourquoi pas une poésie philosophique ? Lorsque j’ai arpenté la Bolivie il y a quelques années, j’ai été agréablement surprise par l’amalgame des beautés naturelles et de l’intégrité morale des habitants. Un attribut unique à cette région du monde.

un petit lama regarde la caméra

Par Claire Durocher

Les Boliviens et les beautés naturelles s’accompagnent d’instinct. Ils veillent les uns sur les autres dans une aspiration commune. Le pays se glisse dans le corps des gens comme un éblouissement de vie.

Les deux travaillent de concert pour une existence paisible. Juste à ouvrir les yeux et je vois toutes les couleurs se superposer : le blanc du Salar, le bleu de l’horizon, les pastels des lagunes, les rouges et marrons du Sud Lipez, le rose des parcs provinciaux, l’ocre de Torotoro et le vert de l’Oriente.

Une exaltation ultime entre le paysage et l’homme, une apothéose feutrée offerte à la planète.

paysage avec des reflets blancs, roses et bleus

La Bolivie est le pays de tous les climats, de l’humidité de l’Amazonie au manque d’air des hauts plateaux andins. La montagne m’arrache des poumons le peu d’air que je peux filtrer pour marcher un pas devant l’autre. C’est si haut, mais quel spectacle de surprendre la vallée dans la brume matinale. Le pays a autant de superficie verticale qu’horizontale, c’est à y perdre le Nord.

D’ailleurs, le ciel astral est imprévisible pour une personne de l’hémisphère nord comme moi. Ses étoiles sont éparpillées autour d’un cercle noir qui fait office de lune. Tout est contraire à mes repères, l’eau se vide en tournant vers la gauche, le soleil n’est jamais à la bonne place durant la journée…. Il s’agit de revoir mes vérités, chaque chose a plusieurs points de vue.

des gens marchent dans un sentier

La Bolivie est un pays de rassemblement du peuple. Un pays où l’être humain garde ses valeurs ancestrales. Les Boliviens n’hésitent pas à stopper les multinationales. Le chauffeur de taxi raconte avec une simplicité émouvante que lorsque McDonalds a ouvert un restaurant, personne n’y est allée. L’entreprise s’en est retournée penaude. Il raconte également comment le peuple s’est exprimé à Cochabamba pour faire reculer la privatisation de l’eau. Une guerre de l’eau pour redonner aux Boliviens leurs droits de propriété sur les ressources naturelles de leur pays. Une victoire morale vécue avec humilité.

une maman et ses 2 enfants

La population a appuyé la nationalisation des hydrocarbures exigeant des multinationales, une ristourne financière pour la population. Un geste impopulaire auprès des entreprises, mais il permet la mise en place de programmes sociaux. Pour la première fois, je vois les gens de la droite manifester dans les rues. J’entends les doléances des propriétaires de mon auberge sur ce geste qu’ils qualifient d’immoral.

Est-ce que ce sera un changement durable ? Je sens la nervosité face à la mondialisation. Un défi de taille pour ce peuple si près d’une vie sociale encore communautaire. Un peuple qui garde ses traditions tout en évoluant dans les valeurs contemporaines. Les Boliviens veulent faire partie d’un changement axé sur le bien-être des gens et non sur les profits des entreprises.

des gens dans un village du désert

Dans l’exotisme de ce pays, j’apprends à braver l’inconnu, à faire face à mes limites physiques, émotives et humaines. Les éléments de la terre sont démesurés. Je fais face à la force de la nature. Mais aussi, je découvre des gens qui trouvent le moyen de vivre et de survivre au coeur des éléments naturels. Des gens qui, le plus naturellement du monde, savent que les ressources d’un pays appartiennent au peuple pour son mieux-être.

une bergère et ses moutons

La région de Sud Lipez me fascine. Je fais la connaissance de ce mastodonte aride et indomptable. Mais à regarder de plus près, je vois combien il est rempli de vitalité et d’histoire. Il n’est ni aride, ni indomptable. Les hommes réussissent à s’y installer, à y manger, à s’y rafraîchir, et à y vivre en famille.

La Bolivie est un récit authentique dans son allure inimaginable.

désert de sel

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