“Ces bois réduits au silence par l'hiver”

John Muir
paysage enneigé

Par Claire Durocher

L’aventure végétale est de toutes les saisons à Saint-André-d’Argenteuil. La terre, les couleurs, les odeurs! La fontaine pétille, la rose coule des gouttes de sérénité, le matin de campagne se perche à l’aube laiteuse. Il y a de ces matins, où le réveil est tellement beau. Plus rien n’est anonyme ou anodin. Les gouttes de rosée se promènent au vent, une à une on dirait qu’elles font la parade. Les abeilles décident d’en apporter quelques-unes à la maison. Les fraises des champs sont enrobées de cette rosée, comme si elles étaient vêtues d’une perle. Des lueurs de diamants pointent à l’orée du bois, leur scintillement traversent le ciel en zig zag tel un maringouin égaré. Des brins d’herbe se dandinent au soleil, on croirait marcher dans un étang d’émeraude. Le souffle du vent envahit le village comme souffle de vie.

fleur blanche et bleue

Au milieu de cette magnificence, la quenouille, bien que de plus en plus rare, demeure une merveille méconnue. Elle filtre et fixe les bonnes bactéries, sert de lieu de nidification à certaines espèces, utilise les déchets toxiques en suspension dans l’eau et les filtre. Bref, elle filtre tout ce qui se trouve dans son milieu, même les polluants dans les zones urbaines. La quenouille surélève les rivages vaseux et donne naissance à des marais filtrants.

Les marais et les zones humides sont la pouponnière de la nature. Ces endroits semblent souvent des amas de vase inutiles infiltrés d’insectes. Mais, un auteur a écrit que

“pour peu que vous preniez le temps de sentir battre le cœur d’un marais, vous découvrirez ce qui est sans doute l’un des écosystèmes les plus intéressants. Vous y verrez des carouges qui nichent dans les quenouilles, un grand héron en train de chasser patiemment, des libellules en quantité, quelques signes de la présence d’un rat musqué, des poissons qui sautent, un chevreuil au loin. C’est un milieu foisonnant.”

marécage à l'automne

Depuis toujours, les autochtones reconnaissent les vertus de la quenouille. Les Amérindiens transforment les rhizomes séchés de la quenouille en farine sucrée pour faire du pain et des crêpes. Ils se servent des racines pulvérisées pour faire des cataplasmes et guérir les brûlures et les coupures. Les feuilles de quenouille sont aussi utilisées pour fabriquer des paniers et des nattes. On dit qu’autrefois, dans les campagnes, les quenouilles étaient si nombreuses, que les habitants pouvaient les utiliser pour bourrer les matelas, ce qui en faisait un rembourrage plus douillet que la traditionnelle paille communément appelée paillasse. On rapporte aussi que le coton de la quenouille mélangé à du saindoux fondant devient un onguent contre les brûlures et que, trempées dans le pétrole, elles servent de torches dans les réjouissances populaires.

Plante comestible, la quenouille se mange comme un légume. Souvent les coeurs de quenouilles marinés sont utilisés dans les salades, les entrées, les sushis. Pour la consommation, il faut s’assurer de cueillir la quenouille dans des endroits non pollués car ses qualités de plante filtrante comporte des risques.

La quenouille est aussi efficace dans le traitement des eaux usées et dans la restauration des bandes riveraines. De plus, elle a des propriétés hydratantes car elle sécrète une substance visqueuse transparente qui, appliquée sur les mains et le visage, rend la peau douce et soyeuse.

quenouilles sur le bord de la route

Qui sait … un jour peut-être … la quenouille deviendra la chasse gardée des citoyens de Saint-André-d’Argenteuil.

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