Par Claire Durocher

La promenade du soir, la promenade au bois, au jardin, au bord de la rivière… au cimetière. La promenade est une source intarissable de découvertes au village comme à la campagne. Elle est aussi une source de connexion avec autrui. Elle permet de découvrir des messages laissés par la personne qui est passée avant nous.

La promenade est comme un voile qu’on soulève pour voir un anonymat qui se révèle. Un jouet abandonné sur la rive, des amoureux marchant près des rapides … au cimetière : l’écho des disparus. À Saint-André-d’Argenteuil, dans un de ses cimetières, on y voit des fleurs laissées sur des pierres tombales, un inukshuk au pied d’un monument de marbre et même, des pierres en forme de coeur peintes avec le nom de l’être cher.

petite pierre peinte à la main près d'une pierre tombale

Depuis toujours, l’homme a un lien indéniable qui l’unit aux pierres. Qui n’a pas un jour ramassé un caillou comme le plus beau trésor du monde? Qui n’a pas lancé des cailloux à la surface de l’eau pour voir la magie renouvelée des cercles sur le lac? Qui n’a pas eu un peu de tendresse pour ce pauvre Obélix transportant ces énormes menhirs?

L’homme a ce don de parler, d’exprimer ses émotions avec des objets symboliques. La pierre tombale est un lieu de rassemblement, mais à cela s’ajoutent les objets montrant le passage d’une personne ayant visité le défunt. À Saint-André-d’Argenteuil, les fleurs sont le symbole universel pour dire à nos défunts que nous pensons à eux.

fleurs sur pierre tombale

Mais, un défunt du village a son Inukshuk! Cet empilement de pierres représentant un humain, devenu symbole des Inuits au Canada. Que ce soit pour convaincre l’animal qu’il est cerné ou pour dire qu’on est passé par là, surtout dans les terres arides du Grand-Nord. L’homme de pierre est présent en Allemagne, dans les Pays-Bas, en Écosse et autres pays. En Asie, les stupas sont des temples de pierres. Dans la Grèce antique, les pierres empilées trouvaient déjà leurs symboles. Que dire de l’empilement de pierres le plus connu : les pyramides d’Égypte!

petit inukshuk près d'une pierre tombale

La promenade à Saint-André-d’Argenteuil est une errance surprenante à travers les cultures. Les symboles utilisés pour communiquer avec nos êtres chers rappellent également cette coutume des juifs Ashkénazes. Elle consiste à déposer de petites pierres sur les sépultures de nos êtres chers lorsque nous les visitons. Sans entrer dans les détails socio-historiques, ce rituel demeure bien présent aujourd’hui.

Certains allèguent que la pierre représente davantage l’éternité parce qu’elle résiste à tout, même au temps. Que l’on dépose des fleurs ou une pierre, que ce soit un inukshuk ou des pierres peintes, un sage africain a dit en autant que ce soit fait dans le respect.

De nos jours, la pierre est souvent une œuvre d’art! Empiler les pierres, ce n’est pas si facile que ça en a l’air. La pierre est une fascination sans origine précise parce qu’elle fait partie de l’essence même de l’humain. Un auteur a nommé ça la culture humaine tellement c’est universel.

très grosse pierre entourée de fleurs

Note : La semaine dernière un jeune garçon de 7 ans, Lucas Walker, a déposé quelques pierres peintes sur une plage en banlieue de Toronto. Il a invité les gens à faire comme lui dans le but d’apporter un sourire à soi-même et aux autres. Depuis, plus de 8 000 pierres peintes ont été déposées sur la plage, ce que la Société Radio-Canada nomme : Le serpent de roches devient un succès d’art urbain.

alignement de pierres peintes sur une plage

Au fil des mots est une page de clairedurocher.com dédiée à la communauté de Saint-André-d’Argenteuil.

Leave a Reply

 

Merci de votre visite.

Je vous invite à m‘écrire au

cdurocher1@hotmail.com

et à me suivre sur Twitter

@ClaireDurocher1

Revenez me voir, il y a un nouvel article régulièrement.